Commémoration du 19 mars 1962

 

Cette mi-mars est comme chaque année consacrée au devoir de mémoire envers ceux qui ont combattu en Afrique du Nord et notamment en Algérie. Le 19 mars 1962 marque en effet la fin de la Guerre d’Algérie, et nous nous sommes souvenus de tous ceux qui se sont battus pour le pays, soldats réguliers et forces supplétives (les Harkis), et de tous ces hommes morts pour la France entre 1952 et 1962.

En Isère, ce sont 232 hommes, très jeunes pour la plupart, qui ont leur nom gravé sur le mémorial départemental érigé à Montferrat. C’est une foule comme à l’habitude très nombreuse, malgré le froid hivernal persistant, qui a assisté à cette belle cérémonie où flottaient les drapeaux tricolores des sections de la FNACA et durant laquelle ont été égrenées les noms de ceux tombés pour la Nation.

J’ai déposé une gerbe aux pieds du mémorial, où j’ai tenu à être accompagné de mes collègues sénateurs Frédérique Puissat et Guillaume Gontard. A noter également la présence d’un public venu nombreux rendre hommage à ces combattants, et d’une délégation d’élus, parmi lesquels le premier magistrat de la commune René Philip, mes collègues parlementaires Jean-Charles Colas-Roy, Émilie Chalas, Marie-Noëlle Battistel, le Président du Conseil Départemental Jean-Pierre Barbier, le Préfet de l’Isère Lionel Beffre, ou encore le Général Vincent Pons, de la  27e brigade d’infanterie de montagne qui a remis la médaille militaire à une dizaine de récipiendaires.

Salut aux combattants, aux « harkis » et aux « pieds-noirs »

Ces instants de mémoire ont été aussi l’occasion, à travers le message de Geneviève Darrieusecq, Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Armées, de se souvenir des Forces Supplétives, les fameux Harkis, victimes de représailles dès la fin des combats, et envers lesquels la France n’a pas tenu toutes ses obligations. L’occasion aussi de saluer tous ces « pieds-noirs », contraints à l’exode et revenus en Métropole souvent dans le plus grand dénuement.

La veille, j’avais tenu à être présent lors de l’inauguration d’une place du 19 mars 1962 à Nantoin, un petit village de la Plaine du Liers. Aux côtés de ma collègue députée Monique Limon, en évoquant la mémoire de mon père, ancien d’Algérie, j’ai insisté sur la reconnaissance dûe à la 3e génération du feu et sur l’importance du devoir de mémoire. Il est simplement dommage que le vice-président de la Région ait cru bon de polémiquer, en cet instant de souvenir, sur les propos du Président de la République, alors candidat à cette fonction, qui avait à juste titre qualifié la colonisation de « Crime contre l’Humanité », sans jamais manquer de respect ni aux « Pieds-Noirs », Français originaires de métropole partis construire leur vie en Afrique du Nord, qui ont aussi contribué au développement de ces pays, ni aux soldats partis là-bas faire une guerre qui a longtemps voulu taire son nom ! Quant aux propos entendus ici où là sur l’absence d’un Ministre ou secrétaire d’État aux Anciens Combattants dans le gouvernement d’Édouard Philippe, il suffit d’écouter le message de la Secrétaire d’État à chaque commémoration !

19 mars 2018